L’Ebola est mortel. Lavez-vous régulièrement les mains au savon. Désinfectez tout a l’eau de javel. Signalez vite tout cas suspect au 143 ou au 101

vendredi 4 octobre 2013

Herman Wallace, Général Giap : le dernier combat

Hebergeur d'imageLe vendredi 4 octobre 2013, le monde entier a été parcouru par une onde de choc : on a appris le décès de deux héros de la liberté : Herman Wallace aux États-Unis d'Amérique et le Général Giap, au Vietnam à Hanoï. Les deux héros se reposent. Deux hommes, deux combats Hebergeur d'imageComme s'ils s'étaient passés le mot, les deux hommes sont décédés le même jour, à quelques heures d'intervalles. Même s'ils se distinguent l'un de l'autre par les buts recherchés, il n'en demeure pas moins qu'ils partagent tous deux une même idéologie : le combat pour la liberté. Herman Wallace est un ex-Black panthers décédé d'un cancer du foie à moins de deux semaines de son 72ème anniversaire après 41 ans passés à la prison d'Angola en Louisiane. Il a été confiné à l'isolement après le meurtre d'un gardien de prison blanc qu'il a toujours nié. Il était membre des black panthers, un groupe radical défendant la cause des Noirs aux États-Unis d'Amérique. Herman Wallace a été libéré mardi soir au terme d'un bras de fer judiciaire avec l'Etat de Louisiane qui lui refusait sa remise en liberté pour raisons médicales. Son activisme politique a fait de lui un bouc émissaire victime de violation manifeste des droits de l’homme au point au Amnesty international a affirmé que "l’État a fait vivre a cet homme un enfer". Le Général Vo N'Guyên Giap est mort à 102 ans. Il est le héros de l'indépendance vietnamienne et artisan de la débâcle française à Dien Bien Phu en 1954. Autodidacte qui s'est formé à coups de lecture, il a réussi aussi à défaire l'armée américaine jusqu'à la prise de Saïgon en 1975. Fin stratège militaire, il a réussi à s'imposer comme l'un des meilleurs commandeurs de sa génération dans toutes les écoles militaires du monde. Deux hommes, deux trajectoires Herman Wallace et le Général Giap constituent des symboles forts. Le premier est le miroir laid et hideux d'une Amérique toujours en proie à ses vieux démons de racisme. En témoigne l'histoire de Trayvon Martin, dont le tueur a été purement relaxé pour insuffisance de preuve. Légitime défense oblige. Les autorités ne voulaient pas courir le risque de supporter la mort de cet homme. D'où sa libération à quelques jours de son décès. Il nous rappelle que le racisme est encore vivace dans le pays de la liberté. Le Général Giap est la figure d'un chef militaire qui, avec des moyens dérisoires, à su infliger une cinglante défaite à des hommes surarmés. Il est la face de la victoire d'un petit pays pauvre devant les grandes nations fortes. Il brise surtout le mythe de l'universalisme occidental qui veut que les "bonnes" valeurs ne proviennent que des pays riches.

jeudi 18 juillet 2013

Mandela Day : Quel héritage ?

Le monde entier célèbre ce jeudi 18 juillet 2013 les 95 ans de Nelson Mandela. Cette année, le Mandela day prend un relief particulier. Il coïncide avec la longue maladie qui alite depuis plus d'un mois l'homme le plus populaire d'Afrique. Au soir de la vie d'un homme qui par sa vie et sa trajectoire politique à marquer l'humanité entière, il convient de s'arrêter et de consacrer les "67 minutes au service de la collectivité" à l'héritage de Mandela. Mandela lègue à l'Afrique et à l'ensemble de l'humanité une valeur intrinsèque fortement concurrencée actuellement par le contexte politique mondiale : le respect de l'égalité dans son sens le plus large. Son combat et sa vision sont pour les nouvelles générations une boussole pour construire un future commun bas sur le respect de l'autre dans la différence. La résurgence des conflits en Afrique, la dérégulation économique avec son cortège de plans sociaux sauvages, le réchauffement climatique, etc. sont autant d'indicateurs qui interpellent la conscience. Ils invitent à plus d'humanité, plus de compassion dans les interactions humaines.

mercredi 10 juillet 2013

Soldats démobilisés en Côte d’Ivoire : réflexions sur la ‘’compagnie maudite’’

Depuis son accession au pouvoir, le régime du Président Alassane Dramane Ouattara est confronté à la grogne d’une partie des combattants de son armée : les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Elle s’est allongée le mardi 9 juillet 2013. La liste macabre des ex-combattants qui depuis longtemps réclament leur réinsertion. Ce 9 juillet, un car en route pour la ville de Bouaké a été mitraillé par des inconnus armés. Cette attaque rappelle celles qui ont eu lieu récemment contre des populations et, aussi, contre le cortège du patron de l’Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (ADDR). Les analystes s’accordent pour pointer du doigt les ex-combattants. Récemment, le Président Ouattara, lors de sa tournée au nord s’est adressé à eux en les encourageant à « laisser les kalachs à la maison ». Mais l’attaque du 9 juillet montre que le message n’est pas bien compris. Comme des soldats maudits, ils continuent d’écumer les routes qui relient les villes et les villages. Les ex-combattants sont en passe de devenir pour la Côte d’Ivoire un véritable problème de société. Des hommes et des femmes rompus au maniement des armes végètent dans la nature sans un sou. Les efforts du gouvernement Ouattara ne suffisent pas à régler le problème de ces soldats. Et comme la nature a horreur du vide, ils occupent leur temps en se convertissant en bandits de grands chemins. En plus des programmes initiés par le gouvernement et ses partenaires d’autres voies peuvent être explorées pour la réinsertion de ces soldats. Entre autres, le gouvernement peut solliciter le secteur privé soit pour l’appuyer dans ces propres programmes soit pour créer des emplois. Mais il convient de garder à l’esprit une chose. Le métier des armes crée facilement un immense sentiment de puissance difficile à dompter. L’arme à feu que les soldats eux-mêmes appellent de façon triviale, « le feu » confère à son détenteur un sentiment de puissance qui n’a point d’égal. Il est d’autant plus fort que pendant longtemps, la plupart des soldats ont exercé leur métier dans un environnement juridique délétère où les droits de l’homme peinaient à être respectés. De sorte que, même s’ils sont disposés à entrer dans les programmes de DDR, ils le sont moins lorsqu’il s’agit de débouchés liés à la vie civile. Il serait judicieux que les actions de DDR prennent ce facteur en considération. Pour éteindre « le feu », ou, à tout le moins, le diminuer.

dimanche 30 juin 2013

Mariage pour tous en Côte d'Ivoire : L'homosexualité en débat

Le mardi 25 juin, la France a signé un accord de financement pour le projet d'une association ivoirienne de protection des homosexuels, transgenres et processionnels du sexe. La subvention est estimée à 30 millions de FCFA soit 45 000 euros pour le projet Weteinan ''Ensemble et pour tous''. Il vise à promouvoir et à vulgariser les droits de l'homme des minorités sexuelles à Abidjan. L'initiateur du projet, Touré Claver, Directeur exécutif de l'ONG Alternative Côte d'Ivoire ne cache pas sa joie "C'est la première fois que la structure et le ministère de la Justice se rencontrent. C'est vraiment un signal fort, parce que c'était difficile d'avoir un rendez-vous avec le ministère de la Justice". Le financement de ce projet fonctionne comme la clé qui a ouvert ou plutôt rouvert la boîte de pandore. Le débat sur l’homosexualité a resurgi. Il a été remis sur la place publique. Les débats sur ce sujet sont d'autant plus virulent que, depuis le 21 novembre 2012, le législateur a modifié la loi qui encadre le mariage en Côte d'Ivoire par la modification de la loi Numéro 64-375 du 07 octobre 1964 modifiée par les lois Numéro 83-800 du 02 août 1983 et Numéro 98-748 du 23 décembre 1998 relative au mariage. Cette loi abroge l'article 53 et modifie les articles 58, 59, 60 et 67 visant désormais à : - placer la famille sous la responsabilité conjointe des époux, en leur conférant le pouvoir d'assurer ensemble la direction morale et matérielle de la famille; - faire contribuer les époux aux charge du ménage; - imposer le choix d'un commun accord du domicile familial; - permettre aux époux d'exercer librement la profession de leur choix. Les opposants au mariage homosexuel perçoivent le financement du projet comme une incitation à homosexualité. Ils l'inscrivent dans le prolongement de la modification de la loi sur le mariage par le Gouvernement du Président Alassane. En clair, ils soupçonnent le régime en place de voter une loi en faveur de l'homosexualité en Côte d'Ivoire. Ce qui va à l'encontre des mœurs dans le pays. Sur les réseaux sociaux, notamment abidjan.net, les internautes ont massivement dénoncé le financement du projet, en vouant, au passage, les homosexuels aux gémonies. Des intellectuels ont pris position en percevant le mariage pour tous et homosexualité comme une dégénération du genre humain. Les religieux aussi se sont prononcés. L'église des Assemblées de Dieu de (EAD), au sortir de la pastorale nationale du 28 novembre 2012 déclare que "Le mariage, institution divine, est l'union d'un homme et d'une femme par le lien conjugal". Si, pour le moment, les réactions sont timides, il n'en demeure pas moins que, eu égard aux réactions des internautes, des religieux et des bénéficiaires du projet, le débat sur l'homosexualité va gagner en intensité.

jeudi 20 octobre 2011

Saddam, Bin Laden, Kadhafi : la justice par le meurtre


"The game is over". On peut dire ça y est. Depuis l'assassinat de Mouammar Kadhafi, Le super ennemi public a été abattu. Mis a mort par la France qui, ennivrée par cette victoire à la Clausewitz, jubile sur les médias pour ne pas se "faire voler" sa victoire. C'est la consécration de la justice par le meurtre.

Tuer le Guide


Les médias sont emballés par les images, parfois violentes, du corps ensanglanté du Guide Mouammar Kadhafi. On peut même dire qu'ils s'en repaissent. Derrière le corps du Guide, se profile un autre visage de la justice internationale: le meurtre. Depuis quelques temps, la justice, la belle Dame est déséquilibrée par la balance qu'elle tient. Certains membres de la communauté internationale ont érigé l'assassinat politique en instrument judiciaire.

Saddam Hussein, Oussama Bin Laden et maintenant Kadhafi ont été jugé et ... "tué". La belle Dame ne fait pas de quartier. Des Etats, les plus forts, l'utilisent à merveille pour régler leurs comptes à leurs concurrents. Et en la matière, le Triumvirat USA-Grande Bretagne-France en sont les apôtres élus et adoubés par les magnas de la puissance financière mondiale.

A la lumière du droit, la présomption d'innocence aurait voulu que les Dictateurs et autres tyrans bénéficient d'une procédure judiciaire. C'est seulement après cette procédure que les sanctions sont appliquées si la matérialité de l'acte est prouvée.

Une justice aveugle et assoiffée

Malheureusement, hormis saddam Hussein qui a été sommairement jugé et pendu, les autres grands "tyrans" ont été tout simplement liquidé. Les forces spéciales, spécialement formées pour ce genre de tâches, ont bien rempli leur "mission impossible". Les zones d'ombres laissées par les nettoyeurs, sont balayées par des médias laudateurs convertis à la cause des Etats vengeurs. L'axe du mal de Bush s'est déplacé.

Les vieilles démocraties comme les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ne s'embarrassent pas de "valeurs" démocratiques pour parvenir à leurs fins. Essoufflées et échaudées par la crise financière mondiale, les vielles gardiennes de la démocratie tentent de maintenir leur position de "Puissance" dans le sang. Réal Politik oblige.

Et dans cette stratégie de résistance à la crise, les Grandes vieilles (USA-GB-France) déclenchent et entretiennent des conflits partout. Il s'agit d'approvisionner, avec quelques dégâts collatéraux, des industries qui peinent à suivre les grandes enjambées économiques de la Chine et ses alliées. Pour réécrire l'histoire et imposer son hégémonie les "Grandes vielles" pillent.

L'indécence de la violence est masquée par une nébuleuse de partenaires. Au nombre de celles-ci on compte particulièrement les organisations de défense des droits de l'homme et des intellectuels. L'assassinat des enfants du fils de Kadhafi n'a pas ému ces défenseurs prompts à distribuer les bons points de bonne gouvernance aux Chefs d'États africains qu'on n'hésitent pas traîner dans les belles geôles de Ocampo, le justicier flingueur international. Le doux et violent massacre de femmes et d'enfants Syriens n'est pas assez dramatique pour ces organisations qui, depuis, se contentent d'observer, sans condamner voire à suggérer une intervention de l'OTAN "pour protéger les civils". Mais ces civils n'ont pas la même valeur humaine que celles qui sont libyennes. L'unité de mesure de la compassion, de la protection n'est pas le même en présence des intérêts financiers. Et, en la matière, les événements récents sont assez évocateurs de cette arithmétique macabre sélective. Il y a moins d'une semaine, le frère israélien a libéré 1.027 prisonniers palestiniens contre 1 soldat israélien (Gilad Shalit).
La théorie du chaos fonctionne bien puisqu'il y a a peine 72 heures, une forte délégation d'hommes d'affaires français (et d'autres acteurs politiques) ont déposé leurs valises en Libye pour signer des contrats léonins. La guerre peut continuer, les civils peuvent mourir de faim et de maladies dans le pays, mais tant que les troubles ne gênent pas la "relance économique" le CNT peut mater tranquillement les "rebelles" pro-kadhafistes. Les affaires reprennent à Tripoli.

vendredi 7 octobre 2011

Prix Nobel de la paix : Trois femmes dont la Présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf primées


Le prix Nobel de la paix 2011 a été attribuée à trois femmes dont la Présidente du Liberia,Ellen Johnson Sirleaf et deux autres femmes : sa compatriote Leymah Gbowee et à la Yéménite Tawakkul Karman, pour leur lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes.

Grande première dans l'histoire du prestigieux prix Nobel apparu en 1901 : 3 femmes sont conjointement récompensées ce vendredi 7 octobre 2011. Quelles sont les trajectoires de ces vagabondes de la paix ?

Sirleaf, comme la sœur Thérésa

Elle est entrée dans l'histoire par son grand cœur en faveur des plus démunis. Ce cœur débonnaire s'est attelée depuis son accession au pouvoir en 2005 à reconstruire le Liberia, un pays défiguré par une longue décennie de guerre. Cette diplômée de Harvard a hérité d'un pays marqué et balafré par une violence inouïe. Mais dans la discrétion qui la distingue elle colmate les brèches et panse les plaies.
Avec fermeté et impartialité elle ramène à la maison, la horde de jeunes désœuvrés qui grossissent les rangs des affreux, ces mercenaires qui écument la sous-région en quête de guerres. Elle a réussi a aider les femmes à se frayer un chemin et une place dans un pays où 14 ans de conflit ont mis en lambeaux l'une des plus dynamiques économies de la sous-région.

Leymah Gbowee, la force du sexe faible

Cette bonne dame est connue par son surnom "red" du fait de son teint clair. Mais elle est entrée dans l'histoire du Liberia et du monde lors de la guerre dans son pays. Devant le refus de mâles surexcités refusant de mettre fin à la guerre, elle a organisé en 2002 la "grève du sexe". Toutes religions confondues, elle a demandé aux femmes du Liberia de refuser de se donner à leurs hommes tant que les hostilités se poursuivent. Las d'essuyer les refus de leurs compagnes, les mâles en rut ont accepté, par le biais de Charles Taylor d'associer les femmes dans les négociations qui aboutirent à la fin de la deuxième guerre civile en 2003. Les hommes ont vu ''Red''.

Tawakkul Karman, brûler le voile pour éclairer la maisonnée

Cette jeune journaliste yéménite de 32 ans est une habituée des marches protestataires. Elle est la première femme arabe à recevoir le prix Nobel de la paix. Elle est une figure de proue de la contestation soulevée contre le Président yéménite, Ali Abdallah Saleh.
Porte flambeau du vent révolutionnaire qui souffle depuis quelques temps dans le monde arabe, elle a mobilisé les femmes avec des SMS et des messages sur Internet.

Une trajectoire, un chemin : Ellen et les garçons

L'année 2011 est l'année de la femme pour le prix Nobel. Elle ont "raflé la mise". Leur place a place a été reconnu et récompensé. Mais le rôle politique qu'elle joue focalise l'attention sur l'une d'entre les trois nobelisées : Ellen Johnson-Sirleaf. Elle reçoit le prix Nobel seulement à 4 jours des élections au Liberia. Celle que l'on nomme au Liberia "Iron LLady" (dame de fer) reçoit ce Nobel comme du pain béni. En pleine campagne électorale devant des concurrents de plus en plus entreprenants, il est certain qu'elle va chercher à capitaliser cette récompense, à la convertir en capital politique pour se positionner dans l'arène politique libérienne où les uns et les autres se perçoivent comme des loups.
Par ailleurs, la géopolitique sous-régionale est une bonne alliée. la Guinée du frère Condé, déjà échaudée par une transition politique difficile, est sans cesse réveillée par les coups de bottes des militaires qui ne digèrent pas encore leur éviction de l'arène politique. La Côte d'Ivoire sort de guerre et, comme une manne tombée du ciel pour Ellen, Le Chef d'Etat est en pleine campagne judiciaire pour "ramener à la maison", tels des filles et des fils prodigues, les Ivoiriens exilés qui sont dans les pays environnants. Même s'il conduit sa "pêche des âmes perdues" dans des pays comme le Ghana, il n'en demeure pas moins que l'axe Monrovia-Abidjan apparaît comme la tête de proue de son action de contrôle de circulation des affreux. Du coup, non seulement la bonne Ellen montre patte blanche à son voisin hanté par les ombres de putschistes endurcis, mais elle booste sa campagne en liftant davantage son image de Dame de cœur au grand cœur, drapée du péplum virginale de la paix même si, à un moment de l'histoire de son pays, elle a flirté avec le ténébreux Charly (Charles Taylor).
Ellen, la belle, est comme le frère Barack, ce jeune black de banlieue qui arrivé au pouvoir en 2009, a été également bombardé prix Nobel de la paix la même année. Sans avoir travaillé. Le prix Nobel fonctionne, dans ce contexte électoral comme un soutien infaillible de la communauté internationale, où plutôt des maîtres de la haute finance mondiale, à la vielle Dame qui, a 72 ans, a encore les ressources de brigué un autre mandat. Rien a envier au "vieux" Wade qui est poussé vers la sortie pour ... âge avancé; trop vieux pour s'occuper de l'héritage du cousin Senghor qui vient tout juste d'organiser du 2 au 6 octobre 2011, le premier Forum de la langue française.
Mais, l'argent n'a pas d'âge dirait-on. Les anciens travailleurs du grenier mondial (FMI et Banque mondial) sont parfaitement recyclés. Après les salons feutrés et parfumés de la banque, ils retrouvent, .... les salons feutrés et parfumés des palais. Rien ne se perd, tout se récupère. Ellen surfe sur un nuage au-dessus des garçons, Condé et Ouattara, qui s'empêtrent encore dans les oripeaux de vieilles intrigues de palais transfrontalières.

mardi 12 juillet 2011

Sud-Soudan : les défis d'un nouvel Etat en construction


Ce samedi 9 juillet 2011 est une date historique dans l'histoire des États africains. Le monde vient de signer l'acte de naissance du Sud-Soudan. Mais au-delà des youyous de joie le 54ème pays africains et 193ème États du monde porte en lui les germes de crises antérieurs qui compromettent son avenir.

Un "bébé" déjà trop vieux et trop agité

Le Sud-Soudan a cristallisé ce samedi 9 juillet 2011 l'ensemble des médias internationaux avec la célébration de son accession à l'indépendance. "Par la présente, je jure par Dieu tout puissant qu'en tant que président de la République du Soudan du Sud je serai fidèle et je prête allégeance à la République du Soudan du Sud", par ces mots, le Président Salva Kiir a scellé l'entrée Sud-Soudan dans le concert des nations libres. La cérémonie s'est déroulée devant la France, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Union Européenne et le Secrétaire générale des Nations Unies.
Mais le Sud-Soudan n'est pas si jeune. Il sort tout droit de la cuisse du Soudan, situé au nord-est de l'Afrique. Le Soudan est le plus vaste pays du continent africain avec une superficie de 2,5 millions de Km2 soit 82 fois plus grand que la Belgique et 4,5 la France. Le Sud-Soudan est le produit d'une sécession qui a coûté très chère au Soudan. Il est le fruit de plus de 2 décennies de guerre civile au Soudan (22 ans) avec une facture de plus de plus de 2 millions de morts. En effet depuis longtemps un vieux conflit oppose les populations arabisées du Nord et les populations noires africaines du Sud. Sur fond de contrôle des ressources, des groupes armés se sont opposés dans les classiques registres de conflit en Afrique : géographique nord contre Sud et chrétiens contre musulmans avec des leaders comme Jhon Garang.
Usé par de longues années de guerre et écartelé entre les intérêts des Etats-Unis et leurs rivaux Chinois et russes, le Président Omar Al-Bashir et le mouvement sécessionniste de l’armée populaire de libération du Soudan (SPLA) de John Garang signe un accord de paix le 9 janvier 2005. Cet accord prévoit la signature d'un référendum d'autodétermination 6 ans après avec à la clé, l’autonomie du Sud Soudan jusqu’à la tenue du référendum et une division égale des revenus du pétrole, majoritairement extrait au Sud mais exporté via la façade maritime du Soudan, située au Nord. L'accord a été respecté avec la tenue. Du 9 au 15 janvier 2011, s'est tenu un referendum au cours duquel les Sud Soudanais ont exprimé à 98,83% leur volonté de se séparer du Nord Soudan. L'indépendance au forceps cache mal les défis qui attendent le nouvel État indépendant.

Les défis à relever

Les défis sont nombreux. En fait, ils sont à l'image de l'histoire de ca région traversée par les conflits.

La question des frontières et des ressources : la malédiction du pétrole

Avec l’indépendance du Sud, le Nord Soudan va perdre 20% de sa population, 25% de son territoire et 35% de ses ressources financières. e Soudan possède des réserves de 6,7 milliards de barils de pétrole.
Trois quarts des 470.000 barils produits chaque jour par le Soudan, proviennent du Sud et des régions frontalières.
Le pétrole représente 98% des ressources du Sud-Soudan et est exporté via des oléoducs qui traversent le Nord-Soudan pour rejoindre la mer Rouge. De plus, le pays dispose également d'importantes richesses minières, notamment en uranium. Il y a également un fort potentiel agricole non-exploité à cause de la guerre. La répartition paritaire des ressources (50% pour chacun) est un sujet potentiel de discorde.
Le pétrole augmente les risques d'exposition du pays au syndrome hollandais (la forte exploitation du pétrole et l’afflux des rentes dérivées des exportations produisent une appréciation du taux de change réel qui réduit la compétitivité des autres secteurs d’exportation comme l'hévéa par exemple) qui a déchiré et défiguré le Congo et le Nigeria. En sus, l'or bleu, l'eau pose déjà problème. En effet, le partage actuel entre le Soudan et Égypte à 87% (55,5 milliards de m³ à l’Égypte et 18,5 au Soudan), est battu en brèche par l’Éthiopie, la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, et la République démocratique du Congo, concernés par le bassin et qui réclament une répartition plus équitable. Il est à craindre que des pays comme l'Égypte ne soit pas favorable au partage des ressources de l'eau entre les autres pays et le Sud Soudan à cause des projets de centrales hydroélectriques et de pêche industrielle.

Des frontières sous haute tension

Les frontières du Sud-Soudan constituent en source de tension. Les conflits locaux sont encore vivaces à Abyei, le Haut-Nil, et le Unity. En outre les besoins en eau opposent continuellement les fermiers sédentaires aux éleveurs nomades qui traversent les frontières sans tenir compte des délimitations institutionnelles. Le cadre foncier baigne dans l'informel.
D'autre part, la nouvelle constitution consacre la restitution des biens des sud Soudanais. Or la guerre a désorganisé le pays. Les terres et les maisons abandonnées lors des fuites des combats sont maintenant occupées. Enfin, la région est animée par de nombreuses bandes armées (telle que l'armée de libération du Seigneur se déplacent pour piller.

Sous l'œil vigilant de Big Brother et ses "copains"

Le sud Soudan est sans nul doute l'une des parties du monde où se déroulent les plus grandes batailles pour le contrôle du monde ou plutôt, du pétrole. Le stigmate de la malédiction du pétrole courre depuis longtemps. Sensible aux vapeurs enivrantes du pétrole, les Etats-Unis ont largement contribué au dépeçage du Soudan en créant le sud soudan. Le sud Soudan, créature américaine est presque condamner à satisfaire les désirs de son maître. Mais l'odeur du pétrole attire aussi d'autres acteurs internationaux comme la Chine et la Russie. En embuscade se tient aussi la France et ses velléités expansionnistes. Les vœux de ses brandes puissances trouvent malheureusement un écho favorable auprès des bandes de pillards qui ont mesuré tout le bénéfice qu'ils peuvent tirer dans la fabrication de rebellions armées. Cela est d'autant plus inquiétant que le précédent sud soudanais risque de servir d'exemple à d'autres groupes armés qui vont se lancer dans des projets sécessionnistes en Afrique.
D'autre part, les énormes besoins de la Chine en matières premières pour nourrir son gigantesque industrie n'augure pas de bons présages pour la jeune nation. A côté d'elle les autres États BRICS, Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud sont engagés dans la féroce bataille de reconstruction du monde pour imposer leur hégémonie. Les divergences géostratégiques qui entretiennent depuis toujours la guerre dans cette zone vont intensifier la violence. A la grande joie des nouveaux acteurs de la paix et de la guerre drapés dans les beaux costumes du juge et de l'arbitre.